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Un radar anti cambriolages

Publié le 04/11/2021

L’entreprise vaudoise ARHUB met au point un capteur capable de détecter les intrusions avant qu’elles ne surviennent. Le projet est financé par Innosuisse et fait appel aux compétences de deux hautes écoles zurichoises.

© pixabay

Voir à travers les mûrs, sans caméra. C’est le défi qu’est en train de relever ARHUB, start-up du canton de Vaud déjà active sur le marché de la sécurité, en mettant au point un détecteur de présence humaine. Il s’agit d’une véritable disruption sur le marché des systèmes d’alarme, qui sont souvent composés de caméras, de capteurs de mouvements, ou de détecteurs d'ouverture de portes ou de fenêtres. L’inconvénient est qu’ils ne se déclenchent que lorsque le cambrioleur est déjà dans la maison, et ils n’empêchent ni les vols ni les dommages. La technologie ARHUB permet de faire retentir l’alarme avant l’intrusion.

Le radar, positionné à l'intérieur du bâtiment, émet des pulses électromagnétiques vers l'extérieur et enregistre l'écho des ondes réfléchies par les différents objets qu'elles rencontrent (murs, arbres, animaux, humains, ...). Les ondes radios de courtes portées s’atténuent lorsqu’elles rencontrent des obstacles. Le premier défi est de faire en sorte qu'elles ne soient pas trop altérées lorsqu'elles traversent le béton, le bois, le verre, ou le fer, qui est particulièrement problématique. Le second défi est l'analyse et l'interprétation des différents échos. L'intelligence artificielle (IA) va permettre de les distinguer, par exemple celui d'un animal et celui d'un humain. De manière plus fine, l'IA va permettre d'identifier la signature d'un écho correspondant au comportement d'une personne malveillante et de déclencher l'alarme avant même que celle-ci n'atteigne le bâtiment. Les recherches continuent avec l'Université des Sciences Appliquées de Zurich (ZHAW) et l’équipe du professeur Marc Kuhn.

À noter que l'usage de l'IA n'est pas nouvelle chez ARHUB, puisque celle-ci opère déjà dans ses produits actuels qui analysent les sons à l'intérieur d'un bâtiment et repèrent l'effraction au moment précis où elle est perpétrée.

« Par ailleurs, notre solution nous débarrasse de la contrainte de la gestion des données personnelles des utilisateurs, car nous n’enregistrons pas les conversations et nous ne générons ni ne conservons d’images ou de vidéos », souligne Natalya Lopareva, fondatrice et CEO d'ARHUB by Security Alarms & Co. S.A.

Le projet bénéficie d'une subvention Innosuisse de 250 000 CHF, et de l’appui d’Alliance qui l’a aidé à présenter son projet et à trouver des partenaires de recherches.

Le prototype de ce nouveau radar anti intrusions sera présenté au printemps 2022. ARHUB espère une commercialisation pour début 2023. L'entreprise vise le secteur résidentiel et espère contribuer à faire baisser de 15 % le nombre de cambriolages en Suisse. Le dispositif sera proposé à un prix abordable, mais non dévoilé pour l’instant.

Ce projet a été suivi par Claude Muller, Conseiller Alliance en innovation, micro & nanotechnologies.

Contact: ARHUB, Natalya Iopareva, tél : +41 21 866 08 60