TESA SA : innover, un choix stratégique

Confrontée à la concurrence féroce des pays «low-cost», l’entreprise TESA, spécialisée dans la fabrication d’appareils de mesure à haute précision, a misé sur l’innovation. Un défi relevé grâce au savoir-faire des hautes écoles vaudoise et valaisanne.

TESA, ça ne vous dit rien? Entreprise suisse réputée, TESA SA fabrique depuis plus de 60 ans des appareils de mesure haute précision. Du simple pied à coulisse jusqu’à des appareils sophistiqués permettant de faire des contrôles de qualité dans des chaînes de production, TESA propose aujourd’hui une gamme de 5000 instruments de mesure, compte 500 employés à travers le monde et réalise 130 millions de chiffre d’affaires.

Or, depuis quelques années, l’entreprise est soumise à la concurrence féroce des pays «low-cost» tels que la Chine. «La pression est extrêmement forte, confie Pascal Jordil, directeur technique chez TESA SA. Grâce à des mesures d’économie, nous sommes parvenus à baisser nos prix tout en maintenant la qualité. Mais à moyen terme ça n’était pas suffisant. Pour émerger nous devions innover, proposer des produits moins chers et plus performants, plus précis, plus rapides et plus adaptés aux problèmes actuels de nos clients. C’était possible en intégrant la technologie sans fil. Cependant, bien que nous ayons des compétences historiques dans notre domaine, nous n’en avions pas de ce côté-là.»

Cet apport technologique, TESA va le dénicher grâce à Alliance. Disposant d’une véritable cartographie des compétences disponibles dans les hautes écoles de Suisse romande, Alliance contacte la HES-SO (HEIG-VD) à Yverdon et la HES-SO Valais à Sion. Toutes deux travaillent en partenariat depuis une dizaine d’années sur tout ce qui est lié au transfert d’informations sans fil, appelé aussi électronique nomade ou systèmes embarqués.

«Ces programmes de recherche sont inspirés des besoins du marché, explique Pierre Pompili, professeur à la HES-SO Valais. Nos travaux avec la HEIG-VD touchent à la communication sans fil entre les instruments de petite dimension et le monde extérieur. Les difficultés concernent principalement le fait que les appareils de petite taille disposent de peu de ressources. Il s’agit donc de trouver un vocabulaire minimal, pour que petits et grands puissent échanger tout en consommant peu d’énergie.»

Ainsi, dans le cadre de leur collaboration avec TESA, les hautes écoles ont dû relever de nombreux défis. «Il fallait certes que cela se fasse sans fil, avec une faible consommation d’énergie, sur une courte distance et dans un temps fixe, mais pas seulement. Installés dans des centres d’usinage, les appareils de mesure de TESA doivent pouvoir résister à un environnement agressif, sale, non climatisé, etc.!»

Grâce au soutien d’Alliance, TESA SA a déposé pour cette innovation une demande auprès de la CTI, acceptée il y a quelques semaines.

«Si nous avions dû lancer cette démarche tout seuls en interne, explique Pascal Jordil, rien ne dit que nous aurions fait le pas de l’innovation. Il aurait d’abord fallu passer par une phase de business plan, dont l’issue reste incertaine pour les projets les plus risqués. Ensuite la démarche de la demande CTI est plutôt lourde, ce dont nous n’avons pas l’habitude dans l’industrie où tout doit aller vite et être basé sur des faits très concentrés. Finalement, en matière de recherche, le risque de n’avoir aucun retour sur investissement est important, et nous ne l’aurions peut-être pas pris.» Grâce à Alliance, aux hautes écoles et au soutien de la Confédération, TESA peut désormais envisager l’avenir avec sérénité dans ce domaine.

Du côté des hautes écoles, l’expérience est, elle aussi, satisfaisante. «La collaboration avec TESA s’est très bien passée, explique Pierre Pompili, et ce type de projet est bénéfique pour nous, nécessaire même. En tant qu’enseignants, nous ne pouvons pas rester confinés dans notre tour d’ivoire. Nous avons besoin de connaître la réalité du terrain. «L’enseignement s’en trouve enrichi, dynamisé, et les étudiants reçoivent ainsi une formation de qualité adaptée aux besoins du marché. Il faut qu’ils soient prêts à relever les défis de l’industrie suisse!»

Si les droits de la propriété intellectuelle de cette nouvelle technologie sont cédés à TESA pour le domaine des appareils de mesure, ils restent pour les autres domaines propriété des hautes écoles, qui peuvent ainsi poursuivre leurs recherches.

Contact : Alliance, tél. 021 693 35 75