Parkrad, ou le voyage extraordinaire d'un radar

Leader suisse de la monétique urbaine, IEM SA cherchait une solution universelle pour faciliter la gestion des places de livraison en ville. Grâce à Alliance et à la HEIG-VD (HES-SO), l’entreprise genevoise l’a désormais trouvée. Paris et Grenoble ont déjà passé commande. Success story.

«Dans notre projet, le conseiller technologique d’Alliance Marc Gandar a joué un rôle majeur. Faire le lien entre un radar utilisé pour le diagnostic cardiaque et nos besoins en matière de gestion des places de livraison, c’est tout simplement exceptionnel !» Edouard Menoud, président de la société IEM SA, Ingénierie électronique et monétique à Genève, vit sa première expérience de transfert technologique avec Alliance. Et le résultat pourrait bien l’emmener au-delà de ses espérances.

Remarqué dans le 20 heures de TF1

TF1, 24 janvier 2007, 20 heures. Patrick Poivre d’Arvor annonce, durant le journal télévisé, qu’un nouveau dispositif pour verbaliser les automobilistes est en phase de test à Paris. Le reportage présente un spot d’une dizaine de centimètres de diamètre incrusté dans un trottoir de la rue du Commerce. A l’intérieur, le système est couplé à un radar et à une horloge. Lorsqu’une camionnette se parque sur l’espace réservé aux livraisons, le radar capte la présence du véhicule et l’horloge entame le compte à rebours. Quand le temps imparti est écoulé – la durée est réglable –, le spot passe au rouge et la lumière se met à clignoter. Le livreur est prévenu et le gendarme peut verbaliser le contrevenant. Lorsque l’automobiliste repart, la borne s’éteint. Objectif : améliorer la gestion du trafic urbain. A l’image de Paris, nombreuses sont les métropoles, particulièrement en France, à vouloir résoudre le problème des embouteillages en ville. Développée par l’Institut d’automation industrielle de la HEIG-VD (HES-SO), en collaboration avec IEM SA, la borne de détection présentée par TF1 constitue une petite révolution.

Du médical à l’urbanisme, il n’y avait qu’un pas !

«Cela faisait quelque temps que nous travaillions sur le problème des places de livraison, explique M. Menoud, président d’IEM SA. Nous cherchions un système capable de détecter la présence de véhicules le long d’un trottoir, et de mesurer le temps de stationnement. Nous avions le projet d’un parcmètre que l’on puisse enterrer. Nous en avons alors parlé à M. Gandar, d’Alliance.» Quelques mois plus tard, en visite à l’Institut d’automation industrielle d’Yverdon-les-Bains, M. Gandar rencontre le Prof. Enrico Staderini, occupé au développement d’un radar médical qui fonctionne grâce aux impulsions électromagnétiques. L’appareil en question peut notamment mesurer le rythme cardiaque sans aucun capteur. Du radar médical au radar urbain il n’y avait qu’un pas. Que Marc Gandar franchit !

Soutien de la CTI

Enrico Staderini se souvient de la première visite de M. Menoud dans son laboratoire. «Nous avons fait quelques essais, tous très positifs ! Nous avons donc entamé une demande auprès de l’Agence pour la promotion de l’innovation (CTI).» Celle-ci est acceptée au printemps et le projet CTI démarre le 15 mai dernier. Il devrait durer jusqu’en février 2010. Les bornes devraient ensuite être mises en réseau. Si l’aventure est prometteuse, de nombreux obstacles doivent encore être franchis. «L’environnement urbain diffère radicalement du contexte dans lequel le radar a été conçu, explique le Prof. Staderini. Chez l’humain, la poitrine mesure 4 à 5 cm d’épaisseur, mais sur le trottoir, la distance entre la borne et l’automobile va de 30 à 150 cm. Et le champ électromagnétique doit traverser du béton contenant parfois du métal, sans compter les nombreuses perturbations qui peuvent intervenir, telles que le passage du métro, la présence d’une boîte postale, etc.»

Malgré tout, le président d’IEM SA se veut résolument enthousiaste. On le serait à moins. Dans un projet CTI tel que celui-ci, la Confédération prend en charge 50% du financement, l’entreprise assume les 40% de charges internes qui lui incombent et les 10% restants sont versés, en argent liquide, par l’entreprise au partenaire académique. A Plan-les-Ouates, où se trouve le siège d’IEM SA, la Commune a non seulement été séduite par le projet, mais a également décidé de manifester son soutien à l’économie locale en passant commande et en réglant d’avance, pour une somme équivalente aux 10% d’ordinaire à la charge du partenaire industriel !

En France aussi, le dispositif séduit déjà. «Dès que les villes de Paris et Grenoble eurent connaissance des premiers tests effetués sur le terrain (rue du Commerce, Paris, et ville de Domène), elles passèrent également commande, explique M. Menoud. «Et ce alors même que le produit, qui sera sans doute baptisé «Parkrad», n’existe pas encore!» Quand on sait qu’à elle seule, Paris possède presque 10’000 places de livraison, on comprend sa fierté !

Contact : Marc Gandar, Alliance, tél. 021 693 42 03