Nouveau code anti-contrefaçon

Différencier dès l’achat d’un produit le faux du vrai grâce à son téléphone portable, c’est l’idée lancée par la société genevoise Algoril. Un défi qui devrait bientôt devenir réalité grâce à la collaboration d’Alliance et des hautes écoles suisses.

«Nous avions le souhait de produire un nouveau type de code pour détecter les contrefaçons. Un élément que le consommateur puisse lire facilement sur le produit, avec son téléphone, comme il lirait la date de péremption», explique Frédéric Hahn, fondateur et directeur d’Algoril SA. L’idée est brevetée, mais Algoril manque de compétences pour développer le projet. «Je suis donc parti à l’EPFL, mais comme je n’y connais personne, j’ai posé des questions un peu partout! De fil en aiguille, je me suis retrouvé dans le bureau de Marc Gandar, chez Alliance!
Et je ne l’ai pas regretté.»

Investisseurs frileux ou voraces

Les besoins d’Algoril sont très vite cernés, et Frédéric Hahn est mis en contact avec MM. Lucien Falco et Aldo Salvi, professeurs respectivement d’optique et de vision à la HE-Arc (Neuchâtel, Berne, Jura). «Il y a un an, mon collègue Lucien Falco a commencé par travailler sur le principe physique du code de sécurité, explique Aldo Salvi. Il fallait développer une image qui possède des caractéristiques invisibles à l’œil nu, non copiables, mais lisibles par la caméra d’un téléphone portable.» Algoril finance la totalité de cette première étape, soit 3500 francs. Le principe est mis au point, et l’étude de faisabilité se révèle concluante, ce qui confirme la qualité du projet. Ne reste alors «plus qu’à» trouver des investisseurs pour développer le produit.
«Avec la crise, explique Frédéric Hahn, les investisseurs ont peur de se mouiller s’il n’ont pas de résultats concrets sous les yeux. Ou alors ils s’intéressent juste à faire un coup en bourse.» Avec l’aide de la HE-Arc (HES-SO) et d’Alliance, Algoril se tourne alors vers la CTI, Agence de la Confédération pour la promotion de l’innovation. Celle-ci lui accorde un «chèque innovation» de 7500 francs. En y ajoutant 4000 francs de sa poche, la société genevoise parvient à financer la réalisation d’un prototype. Une deuxième étape essentielle au développement du projet.

Partenariats industriels en vue

Spécialiste de la vision, au bénéfice d’une expérience de vingt ans dans le monde de l’industrie avant d’entrer dans l’enseignement, le professeur Salvi conçoit pour Algoril un démonstrateur composé d’un ordinateur portable et d’une petite caméra. «J’ai travaillé sur l’éclairage, l’optique et le développement du logiciel de lecture du code de sécurité.» Equipé de ce kit, Frédéric Hahn se met en quête de futurs clients. Et en trouve! «C’est dans les mondes du tabac, du textile ou encore de la cosmétique que la lutte contre la contrefaçon est la plus vive. Nous avons entrepris de nombreuses démarches, et avons déjà plusieurs lettres d’intention.»
Troisième étape: la réalisation du produit fini, soit l’intégration de la technologie développée dans un téléphone mobile. Pour financer le projet (env. 500 kF), qui intègre des partenaires industriels, une nouvelle demande sera adressée à la CTI en octobre. «Nous sommes à bout touchant, lâche avec soulagement Frédéric Hahn. Pour cette ultime phase, nous allons travailler avec la
HES-SO Valais et Laurent Sciboz, responsable de l’Institut informatique de gestion à TechnoArk, à Sierre.»

Outil anti-contrefaçon et… formidable outil marketing

Demain, le nouveau code de sécurité produit par Algoril fera peut-être une entrée fracassante sur le marché, et la petite société genevoise qui n’occupe actuellement plus que deux personnes – après avoir eu jusqu’à dix salariés, pourrait retrouver le chemin du succès. Car au-delà de la protection qu’il offrira aux consommateurs, qui pourront vérifier d’un simple clic l’authenticité des produits qu’ils s’apprêtent à acheter, ce nouveau code offrira, via internet, un accès à de nombreux services associés sur la traçabilité, le réseau de distribution, et bien entendu le marketing (fidélisation, promotions, etc). Qui plus est, l’universalité du code est garantie, puisqu’il sera adaptable sur tous les codes bi-dimensionnels qui existent actuellement.

«C’est dommage que les compétences disponibles dans les hautes écoles ne soient pas mieux connues des entreprises, regrette Frédéric Hahn, elles constituent vraiment un atout incroyable pour les entreprises suisses.»

> A lire aussi « L’identification des produits dans tous ses états » sur www.alliance-tt.ch, section «Manifestations > Manifestations passées»

Contact : Marc Gandar, Alliance, tél. 021 693 42 03