Sous-traiter la Recherche et le Développement : expérience d'une PME biomédicale

Medacta International SA est une PME tessinoise qui conçoit, fabrique et commercialise des prothèses orthopédiques et de l’équipement d’assistance à la chirurgie mini-invasive. Son chiffre d’affaires présente une croissance annuelle de plus de 20% depuis sa fondation (2000) et est aujourd’hui de 30 millions d’euros. Elle emploie 130 collaborateurs, mais seulement une personne pour les projets R&D long terme !

Une des stratégies de développement de Medacta est de proposer des produits innovants. Or, le développement de nouvelles technologies en orthopédie fait appel à une vaste panoplie de compétences en pathologie, chirurgie, biomécanique, plasturgie ou métallurgie. Les compétences nécessaires varient en outre d’un projet à un autre. Au lieu d’engager des experts, l’entreprise fait appel à des partenaires extérieurs et formalise la collaboration par la création d’un consortium avec un objectif limité dans le temps. Le consortium peut comprendre des partenaires académiques, cliniques et industriels. Ceux-ci sont choisis pour la pertinence, la qualité et la complémentarité de leurs compétences. Cette approche permet aussi de minimiser les coûts en supprimant les charges liées au maintien d’une équipe R&D en interne.

Quelles sont les conditions de succès d’une telle entreprise ?

  • Le problème doit être bien posé et les rôles de chacun bien définis. Le partenaire industriel connaît les attentes de ses clients, ses produits et ceux de la concurrence; il identifie les opportunités d’amélioration d’un produit et doit formuler clairement le but a atteindre en terme de performance. L’innovation n’est pas un but en soi, mais doit correspondre à un besoin.

  • Les partenaires académiques, cliniques et industriels doivent traduire les besoins en solutions technologiques, proposer de nouveaux concepts, l’usage de nouveaux matériaux ou de nouvelles méthodes de mise en œuvre. La qualité du processus dépend en grande partie de leur capacité d’écoute, de leur faculté à transposer leurs expériences d’un domaine à un autre et de leur capacité à évaluer les risques liés à ces nouvelles solutions.

  • La confidentialité doit être garantie. Il est indispensable pour le partenaire industriel que les nouvelles idées restent confidentielles jusqu’au dépôt d’un brevet.

Il s’agit d’un processus itératif et sélectif, toutes les idées et suggestions n’étant pas retenues, et qui nécessite une excellente connaissance des terrains académique, clinique et industriel. Pour gagner du temps, Medacta a fait appel à Alliance, un «chasseur de compétences». Alliance, et en particulier Juliette Fivaz, a fait un travail admirable, comprenant la recherche de compétences, la mise en relation, la structuration des discussions avec les partenaires, et une aide pour constituer des demandes de subsides. Alliance a également mis à disposition des modèles de contrat de collaboration et de confidentialité. La variété des tâches accomplies par Alliance est remarquable et son concours représente un excellent retour sur investissement pour Medacta. Un premier et important projet de collaboration est signé et d’autres projets sont en élaboration. Le terrain a été labouré et semé : les récoltes des années à venir sont prometteuses.

Philippe Lambert, Directeur R&D long terme, Medacta

Contact : Alliance, tél. 021 693 35 75