Nouveaux matériaux, nouveaux défis

Leader mondial sur le marché des systèmes de pulvérisation pour peinture et granulats, l’entreprise Kamber, à Ecublens, se doit d’adapter sa gamme aux nouveaux matériaux pour conserver sa place. Grâce au soutien du Canton, l’institut TIN Comatec de la HEIG-VD (HES-SO) y travaille...

C’est un bâtiment jaune de 400 m2 à Ecublens (VD), à quelques centaines de mètres de l’EPFL. Une façade a priori banale. Et pourtant... Fondée en 1956, Kamber SA emploie aujourd’hui neuf personnes, exporte ses produits dans plus de 80 pays et occupe la place de leader mondial dans les systèmes de pulvérisation pour peinture et granulats. Le marquage des routes, des parkings, des aéroports... c’est Kamber! «Nos clients sont les intégrateurs d’équipements, les administrations publiques, les entreprises privées, etc.», explique Loïc Didriche, le directeur.

Aujourd’hui cependant, Kamber doit faire face à un nouveau défi: à l’image d’autres domaines, les peintures évoluent, satisfaisant notamment à de nouvelles exigences de protection de l’environnement. Les systèmes de pulvérisation doivent donc suivre le mouvement. Or, il y a quelques mois, alors que la direction entamait sa réflexion sur la façon de faire évoluer ses produits, elle reçoit la visite de Jean-Marc Hoesli, conseiller technologique d’Alliance.

30’000 francs de la promotion économique vaudoise

«Nous n’avions pas les moyens suffisants pour faire du développement technologique en interne, confie Loïc Didriche. Et si j’avais conscience des compétences disponibles dans les hautes écoles, j’ignorais à quelle porte frapper.» Jean-Marc Hoesli met alors Kamber en contact avec l’institut TIN Comatec de la Haute école d’ingénierie d’Yverdon-les-Bains et accompagne une demande de financement auprès du Service de l’économie, du logement et du tourisme (SELT).
Situé au coeur du Département de l’économie du Canton de Vaud, le SELT peut financer des projets d’entreprises à 50% maximum du montant des mandats externes des projets, jusqu’à concurrence de 30’000 francs. «Nous pouvons financer différents types de projets, explique Sandy Wetzel, de la Promotion économique du Canton de Vaud: le développement de produits, mais aussi l’étude de marché, le dépôt de brevet, la participation à un événement professionnel, etc.» Au final, le SELT soutient chaque année près de 150 projets, dont un quart environ relatif au développement de produits.

Aide à l’évaluation technique des projets

Dans le cas de Kamber, la décision fut presque une évidence. «Nous leur avons accordé le maximum. La demande remplissait en effet tous les critères exigés par la loi sur l’appui au développement économique (LADE), qui sous-tend un programme d’aide financière aux PME et start-up vaudoises innovantes. La collaboration avec l’institut TIN Comatec démontrait l’intérêt technique du projet, et l’entreprise Kamber se situait déjà à la pointe de son secteur. Il s’agissait simplement pour elle de renforcer sa place face à la concurrence à un moment crucial de son évolution.» Quant à l’intervention d’Alliance, le SELT la juge fondamentale, car si les économistes du service se sentent à l’aise pour juger la pertinence économique et la viabilité des projets, les aspects techniques sont parfois compliqués et l’intervention d’un conseiller permet d’en faciliter la compréhension.

Trouver des astuces de construction

Forte du soutien confirmé de l’Etat, l’entreprise Kamber a récemment confié un mandat à l’institut TIN Comatec. Le planning est établi sur six mois. «Notre mission se développe sur deux volets, explique Pierre Dumusc, professeur à TIN Comatec et chef du projet Kamber. Dans un premier temps, il s’agit de développer un nouveau système de projection adapté aux nouveaux matériaux du marché, puis il s’agira d’implanter celui-ci dans la gamme des produits Kamber afin de créer une uniformité technique.» S’il n’y a pas à proprement parler de problème pointu à résoudre, le défi existe tout de même. «Nous devons d’abord trouver des astuces de construction, puis faire des simulations numériques du système de projection, et enfin construire un prototype. Mais surtout, il faudra faire vite et mieux que les concurrents afin que Kamber conserve sa place de leader. C’est pourquoi j’avais anticipé la décision du SELT et engagé une étudiante fraîchement diplômée du département TIN pour nous aider dans ce mandat!» sourit Pierre Dumusc. «Grâce à ces escapades dans le monde privé, nos connaissances sont régulièrement mises à jour. De son côté, l’entreprise bénéficie de l’appui de scientifiques aguerris. Dans cet échange, tout le monde y gagne.»

Contact : Jean-Marc Hoesli, Alliance, tél. 021 693 46 16